Pourquoi crier sur mon enfant ne l’aide pas à m’écouter ?

Pourquoi crier sur mon enfant ne l’aide pas à m’écouter ?

Les cris sont généralement nombreux dans les foyers. Ils peuvent être de joie, d’énervement, d’agacement et tout ce qui s’en suit.
Nous en avons tous été témoins et nous les premiers, en avons été les utilisateurs.
Vous l’aurez compris, il y a un mais !
En effet, à court terme le cri fonctionne. L’enfant obéit.
Mais que se passe-t-il à long terme ? Qu’est-ce que provoquent nos cris chez l’enfant au quotidien ?

Comment faire en sorte que mon enfant m’écoute sans avoir besoin d’hausser le ton ?

 

S’adapter au fonctionnement de l’enfant

Vous le savez peut être, mais le cerveau de votre enfant n’est pas câblé comme le vôtre. On dit qu’un cerveau atteint sa maturité vers l’âge de 25 ans. Autrement dit, ses capacités sont différentes des nôtres. Ses ressources cérébrales ne lui permettent pas de répondre à certaines demandes dans l’immédiateté. Il est incapable de réagir correctement sous la pression. Au contraire, il se fige.

Les cris d’un adulte engendrent principalement la peur chez lui.
Cette peur est gérée par l’amygdale cérébrale (partie du cerveau gérant la peur, mature à la naissance). Lorsque celle-ci est fortement sollicitée, plus aucune réflexion n’est possible. L’enfant est terrifié.

Il s’abîme physiquement :
En effet la sécrétion du cortisol par l’amygdale empêche les autres parties du cerveau de se développer. En l’occurrence, l’hippocampe (gère la mémoire à long terme consciente) qui permet d’avoir des souvenirs raisonnés et non émotionnels.

Il s’abîme psychologiquement :
L’amygdale cérébrale s’intègre dans la mémoire à long terme inconsciente. Elle gère la peur.
Chacune d’entre elles marque donc la mémoire de manière inconsciente et indélébile.
Par conséquent , chaque cri, chaque violence provoquant la peur chez l’enfant, se marque ici, à vie.
Cela explique les angoisses ou les peurs incomprises vécues plus tard, une fois adulte.

Crier sur son enfant viserait donc à lui offrir une éducation contre productive et anti-performante à long terme.
Un enfant sans cesse violenter ne sera pas capable de réfléchir parce qu’il en est coupé physiquement. Il pourra en revanche développer plusieurs émotions négatives : la rancœurs, la rébellion plus tard, le renfermement sur soi-même…

La crainte et l’humiliation quotidienne viennent altérer le lien si précieux entre le parent et l’enfant.
L’empathie permanente du parent vers son enfant permettra de le sécuriser pour l’avenir.

 

Un bon exemple …

En attendant un comportement spécifique comme : la gentillesse, la sagesse, le calme… Nous oublions parfois que la plus grande des clés est : l’exemplarité.
Crier, taper ou violenter son enfant reviens à lui dire : « Fait ce que je dis mais pas ce que je fais !  »
Est-ce vraiment le message que vous souhaitez lui faire passer ? Surement pas.

Notre responsabilité est d’élever, faire grandir.
La bienveillance entraîne la bienveillance. En apportant une écoute et une compréhension de qualité à votre enfant, vous lui donner la chance de faire la différence. A son tour, celui-ci sera capable un jour de donner le meilleur de lui même.

L’exemplarité s’actionne partout :

Si un événement ne vous plait pas, utilisez la description : « Je vois que la chambre est complètement dérangée, que les légos ne sont pas dans leurs paniers et que le linge est par terre. Cela ne me plait pas du tout. Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour arranger ça ? ».  Votre enfant étant dans la capacité de réfléchir et impliqué à trouver une solution, réagira instantanément de manière consciente plutôt que machinalement sous la pression. De plus si celui-ci est un jour agacé par un événement, il agira de la même manière.

 

Un environnement adapté et des solutions concrètes

Souvent nous souhaitons qu’il aille se laver les dents seul, qu’il se lave seul mais voilà : notre enfant n’entreprend rien et traîne.
Avez vous pensé à adapter son environnement ? Est-ce qu’entreprendre chez vous est simple ?

Pour mettre la table par exemple : Doit-il aller chercher un escabeau, le porter, grimper dessus, sortir la vaisselle sans la casser, redescendre de son escabeau pour aller mettre la table ?
Vous l’aurez constaté, leurs efforts doivent être plus grands que les nôtres. Aidons les !
Vous pourriez par exemple descendre la vaisselle à sa hauteur et épurer les lieux pour lui offrir un accès plus facile.
Une assiette se casse ? Aucun problème, son balai et sa balayette sont juste là !

Revoir l’agencement et lui mettre des outils adéquats à sa disposition permettra à l’enfant de s’impliquer d’avantage au quotidien.

Il laisse toujours traîner son manteau ? Le porte manteau est-il à sa hauteur ?
Les chaussures sont-elles faciles à ranger dans le placard ?
Peut-il se laver les mains seul en rentrant de l’école ou en sortant des toilettes ?
Peut il se servir à boire sans votre aide ?

Répondre à ses besoins vous permettra de ne plus crier après lui pour qu’il fasse mais plutôt de le guider pour qu’il devienne.

La prochaine fois, deux mots pour aller à l’école : « Manteau, chaussures ! »

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