Pourquoi la hiérarchie et la subordination peut-elle altérer le développement de l’enfant ?

Pourquoi la hiérarchie et la subordination peut-elle altérer le développement de l’enfant ?

Nous avons tous entendons : « Ici, c’est moi qui décide, c’est moi qui commande ! »
Cette autorité peut rassurer certains parents. En effet, c’est une manière à court terme d’obtenir le pouvoir et le contrôle sur ses agissements. L’objectif reste évidement de le « guider » vers ce qui semble juste.
Constatez-vous une amélioration sur leurs comportements ?  A vrai dire, pas vraiment …
Un enfant sans cesse repris, puni ou jugé cherchera à se défendre d’une manière ou d’une autre.

Comment se positionner comme un guide plutôt qu’un juge ?

 

L’enfant doit le respect à l’adulte

« C’est grâce à moi qu’il est là, il me doit le respect ! »… Etes vous certains de cette affirmation ?
Cet enfant n’est-il pas arrivé par votre désir de devenir parent ? Oui !

Nous adultes, avons nous même généralement reçu cette éducation : autorité parentale, autorité à l’école, autorité au travail… La hiérarchie et la subordination s’applique partout. Cette organisation est encrée en nous. Prendre un autre chemin peu paraître insensé. Pourtant, comme dirait Albert Einstein : « La folie c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »

Dans le monde de l’entreprise classique par exemple, la subordination s’accapare la prise d’initiative. De nombreux salariés ne font plus aucun choix et se contentent d’appliquer à la lettre des processus déjà établis. Les petits entrepreneurs cachés en nous s’effacent sous l’autorité et la pression.
A l’image d’un management autoritaire, la parentalité autoritaire altère les relations entre les membres d’une même « tribu ».
En bridant nos enfants nous aurions donc tendances à abîmer nos relations et à briser leur prise d’initiative. En les privant, nous nous privons nous même de les voir prendre des décisions plus tard, même adolescent.

La subordination active les réactions négatives : rancœurs, rébellion, repli sur soi… Elle n’aide pas à développer la réflexion.
Le cerveau de l’enfant n’est pas câblé pour réfléchir sous la pression. Au contraire la pression l’en empêche.
Le Cortex Orbito Frontal est la partie frontale du cerveau. Celui-ci nous permet de réguler nos émotions et est complètement immature à notre naissance. Les réactions impulsives des jeunes enfants sont dues à cette immaturité.
Le COF se développe grâce à l’empathie, l’affection et la bienveillance. En calmant l’amygdale (partie du cerveau gérant la peur, mature à la naissance), vous vous assurez de développer le Cortex Orbito Frontale de votre enfant.
Lui montrer le chemin à prendre l’aidera à s’apaiser et raisonner. L’exemplarité est votre première arme, usez la.

Mon enfant, ce mouton…

N’avez vous jamais surpris votre enfant dans la cours de l’école se soumettre aux exigences d’un camarade ?
Combien se font bousculer, disputer ou même harceler plus tard ?
Est-ce vraiment ce que l’on souhaite pour nos enfants ?
Les soumettre ou les juger à coups de : « oh mais quelle andouille ! », « tu es comme ci, tu es comme ça » revient à lui coller une étiquette. Il finira par l’accepter et devenir cette personne. Votre enfant vous croit et souhaite vous plaire.
De nombreuses paroles anodines les mènent à devenir influençables et fragiles face aux autres.
« De toute façon tu es trop petit pour faire ça … » ressemblera plus tard à « T’es pas capable de rouler à 180 sur l’autoroute sans ceinture toi de toute façon » ou encore « T’as trop peur pour faire ça … » Ces messages sont les mêmes. Un enfant influençable se mettra en danger pour prouver qu’il peut, qu’il est capable de.
Nous sommes les personnes ayant le plus d’impact dans la vie d’un enfant. Profitons en pour les guider tout en restant cohérent et conscient de notre empreinte.

Quel message se cache ?

Vous pouvez parfois vous sentir désarçonner face à un « non ! » ou un « tu ne me parles pas comme ça ! »
Avant de rétorquer : « Va au coin, tu es puni ! » , réfléchissez et restez calme. Avec un peu d’analyse nous pouvons vite comprendre cette réaction.
Dans un premier temps : Avez vous l’habitude de lui parler sur ce ton ? Si oui, alors votre enfant comprend qu’il doit exprimer un mécontentement ainsi.
Prendre du recul sur le comportement d’un enfant en vaut parfois la chandelle. Il vous évite de rester là, outré et sans réponse.
Rassurez vous, vous n’êtes pas un mauvais exemple et votre enfant n’est pas « un mauvais » non plus !
En effet, lorsque celui-ci répond de cette manière, il se répare.  La traduction serait : « j’existe, et ça ne me plait pas qu’on me parle sur ce ton ! » Comme dit Isabelle Filliozat, votre enfant est comme une voiture. A force d’user sa carrosserie, personne  n’en prend plus soin.
La voiture part chez le carrossier et se répare. En vous répondant, votre enfant est passé chez le carrossier et regonfle son ego.
Le laissez exprimer son agacement revient à le laisser prendre confiance en lui pour dire : non.  Un enfant trop bridé, ne s’apportera plus aucune réparation.

Garder le lien avec son enfant est la manière la plus sûre de le protéger. Prenez en soin.

 

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *